Une nouvelle ère pour les motifs textile.

La seconde partie sur les techniques de fabrication du motif imprimé débute maintenant. On reprend où nous nous étions arrêtés, vous vous souvenez : la Révolution industrielle du 19ème siècle. Avec un flat white coco tiens cette fois. (pour lire la première partie, c’est par ici)

Pourquoi cette époque est-elle si importante ? Concrètement, le phénomène de mécanisation a bouleversé nos sociétés, nos habitudes. Ainsi la production de masse n’a pas échappé au domaine textile. Un artisan produisait un mètre de tissu alors qu’au même moment l’usine d’en face en avait fait 100 et pour moins cher. On pouvait alors se poser la question de la qualité, néanmoins encore aujourd’hui les techniques artisanales perdurent, parallèlement aux techniques industrielles qui n’ont eu de cessent d’évoluer et de se perfectionner.

Si je vous dis Oberkampf, ça vous parle ? Oui la station de métro ligne 5 à Paris. En fait, Christophe-Philippe Oberkampf, pour la petite histoire, est un industriel qui a conçu les premiers rouleaux en cuivre sur lesquels étaient gravés les imprimés. Chaque rouleau appliquait alors une couleur. Cette technique a donc remplacé l’impression au bloc pour accroître la productivité. M.Oberkampf est connu aussi pour la toile de Jouy.

De nos jours, l’impression au rouleau est moins utilisée. Pourtant on ne compte plus les différentes techniques pour créer des motifs : à la main (vu dans l’article précédent), assistée de logiciels, avec des machines, avec des produits chimiques, avec la lumière… Il en existe sûrement que je ne connais pas encore.

 

Je vais vous donner quelques exemples ça sera plus parlant.

  • Nous avons la technique du cadre = la sérigraphie qui est aussi devenue mécanisée. On utilise un cadre sur lequel est étendu uniformément une gaze. Avant, un pochoir était appliqué pour éviter que l’encre ne pénètre certaines parties, maintenant l’effet pochoir est rendu possible par émulsion photographique. Un cadre = une couleur. (en savoir plus)

La marque Timorous Beasties utilise cette technique, des cadres à la chaîne pour imprimer sur beaucoup de mètres de beaux motifs.

 

timerousbeasties textileaddict©Timorous Beasties
  • Il y a l’impression par transfert ou sublimation thermique : le motif est imprimé sur papier puis transféré sur tissu par pression et chaleur. Une cire pigmentée remplace l’encre.

(Le livre Technologie du vêtement des Editions Guérin est ma source d’informations pour la suite)

 

  • L’impression à la laque : des pigments colorés sont laqués ou métallisés sur le tissu pour créer le motif.

 

  • L’impression par flocage : le tissu est recouvert partiellement de petits poils collés sur le tissu pour donner le motif.

 

 

  • Le dévorage : on dépose à certains endroits une pâte contenant un agent chimique qui « dévore » le tissu – le dessin est ajouré.

 

  • L’impression par effet transparent : la pâte ici rend transparent par endroit un tissu mat ou opaque.

 

  • La lumière, technique du « heat photogram » mise au point par Rebecca Earley. On place un objet devant le tissu qui a été photosensibilisé. La lumière chauffe la surface et fait apparaître l’objet sur le textile, il devient motif.  

 

  • L’impression par l’enlevage (ou au rongeant) : avec une pâte de rongeage on décolore le tissu.

 

  • L’impression par réserve : une pâte dite agent de réserve est appliquée sur le tissu, la teinture ne l’affecte pas. Ces endroits restent intactes.

 

B earley textileaddict©Rebecca Earley

 

  • L’impression numérique, autre grande révolution avec les ordinateurs, on travaille les motifs sur des logiciels comme photoshop, puis on envoie à l’impression. Le dessin est imprimé ligne par ligne sur le tissu comme une imprimante papier.

 

Après la mécanisation, la numérisation.

Désormais, presque tout est conçu par logiciels. Il y en a alors pour la broderie, pour créer des motifs parfaitement symétriques et j’en passe…  Il n’y a plus de limites. On augmente encore en efficience et les changements de dernières minutes sont moins problématiques. On peut ainsi réaliser des imprimés incroyables en créant des illusions d’optiques ou en mixant des photographies qui offre plus de réalisme. Beaucoup de créateurs utilisent cette méthode pour leur collection, par exemple Mary Katrantzou et Christopher Kane. Je suis moi-même adepte de ces logiciels pour mes créations. Et vous ?

Creer un motif partie 2 textileaddict©Mary Katrantzou // ©Christopher Kane

 

Article rédigé par Amande Noyée, designer textile et printaddict basée à Paris. Elle travaille à la fois pour la mode enfant et la mode adulte, le design d’intérieur et la papeterie depuis 2016. Curieuse et touche à tout, elle est passionnée par la mode, l’art, les voyages et la danse.  

 

A lire aussi :

Quelles sont les techniques d’impression ?

L’impression textile

Créer un motif, les différentes techniques / première partie

Les techniques pour représenter un motif sur une étoffe

 

 

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