Fourrure vs fausse fourrure, quelle est la différence ?

Fourrure vs fausse fourrure, quelle est la difference Textileaddict

De plus en plus de créateurs « sortent les griffes » et préfèrent renoncer à la fourrure naturelle pour se tourner vers des substituts synthétiques. À tort ou à raison ? Si le pelage d’animal a mauvaise presse, l’image de la fausse fourrure est quelque peu ternie par son impact environnemental… et le thème de la fourrure fait toujours débat.

À l’heure où porter de la fourrure – quelle que soit son origine – est plus une question de look qu’un besoin réel, quels sont les arguments de l’une et de l’autre ?

 

 

La fourrure, une matière textile esthétique avant tout

Certes, le pelage animal tient chaud et protège des intempéries, c’est d’ailleurs sa vocation première. Mais à une époque où les textiles techniques ont largement prouvé leurs performances isolantes dans des conditions extrêmes, ces propriétés ne sont plus un argument de vente suffisant.

Sur le plan pratique, nombre de matériaux synthétiques sont aussi chauds que la fourrure naturelle. Pour une grande partie des habitants de la planète, rarement exposés à des climats vraiment hostiles, l’indéniable pouvoir calorifique de la fausse fourrure peut soutenir la comparaison avec celui de la vraie. Et il existe toujours d’autres solutions qu’une peau d’animal pour affronter les frimas, voire l’hiver canadien ou même le froid glacial de l’Antarctique.

C’est donc sur un plan purement esthétique que la fourrure exerce son pouvoir d’attraction, que ce soit en tant que vêtement, garniture ou accessoire. Un domaine dans lequel la fake fur arrive à se surpasser avec des imitations presque plus vraies que nature, notamment sur les produits haut de gamme. La qualité visuelle de la fourrure synthétique ne cesse d’ailleurs de s’améliorer.

Plus globalement, la fausse fourrure remplit de mieux en mieux l’ensemble des critères attendus par les consommateurs, ce qui compense le manque de « noblesse » et d’ «authenticité » qu’on lui reproche souvent. Assez pour convaincre les défenseurs de la fourrure traditionnelle ?

 

 

Fourrure vs fausse fourrure : match nul pour la durabilité

Éthique ne veut pas dire écologique et la fourrure synthétique illustre bien ce paradoxe. Composée d’acrylique, de modacrylique ou de polyester, c’est-à-dire de fibres plastiques fabriquées à partir de pétrole, de charbon, la fausse fourrure n’est pas biodégradable et reste difficilement recyclable. Pour l’instant, son profil environnemental ressemble plus à celui d’une matière polluante qu’à une panacée.

Un problème pour la planète, mais pas insoluble, comme le prouve Koba, le substitut issu de biomatériaux développé par Ecopel. Avec cette fourrure synthétique en bio-polyester Sorona composée de 37 % de plantes (amidon de maïs), le fabricant ouvre sans doute la voie à une nouvelle génération de fausses fourrures éco-responsables.

D’après l’industrie de la fourrure traditionnelle, cette dernière présente de sérieux avantages pour l’environnement. La durée de vie d’une pièce bien entretenue est d’environ 30 ans.

Il s’agit par ailleurs d’une matière textile naturelle, a priori 100 % biodégradable, à laquelle il est même possible d’offrir une deuxième vie, comme le font de nombreuses entreprises canadiennes spécialisées dans les accessoires en fourrure recyclée. Des points forts à nuancer, en raison de la présence de produits chimiques dans sa composition (colorants, additifs chargés d’améliorer la longévité du produit). Plus durable que la fausse fourrure, la peau d’animal transformée n’en est pas moins polluante.

 

 

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La protection animale, l’enjeu décisif

Au fond, ce qui pose problème avec la fourrure animale, c’est sa nature même. Une question qui n’est pas sans rappeler la controverse autour du cuir. Les peaux de vison, renard ou chinchilla, symboles de la maltraitance animale à travers le monde, sont de plus en plus mal perçues dans les collections comme dans la presse mode, voire jugées scandaleuses. Depuis l’émergence d’une éthique animale, élever et abattre des animaux (parfois en voie d’extinction et braconnés) pour leur pelage dans des conditions déplorables n’est plus acceptable.

Au-delà de la cruauté des pratiques, se pose également la question de la traçabilité des produits d’origine animale dont la provenance, la qualité et les substances chimiques mises en oeuvre sont souvent impossibles à déterminer

Sous la pression des militants et faute de pouvoir mettre en place des labels fiables à l’échelle internationale, de nombreux états – y compris en Europe – ont pris des mesures interdisant l’élevage d’animaux pour leur fourrure. D’autres ont décidé de couper court à la vente et à l’importation de fourrure animale. Dans certaines villes comme San Francisco, la fourrure est interdite de séjour.

Soucieux de rafraîchir leur image de marque, les industriels de la fourrure française et européenne défendent leur savoir-faire et se veulent irréprochables. Ils affirment avoir mis en place une certification attestant du respect de « bonnes pratiques » professionnelles, marquant ainsi leurs distances avec le reste d’une production mondiale plus que difficile à contrôler. Un engagement louable, même si un tel discours reste difficilement audible par les partisans de la cause animale. Malgré cette volonté de transparence, la liste des grandes marques ayant tourné le dos à la vraie fourrure ne cesse de s’allonger.

 

Alors, faut-il privilégier la fourrure animale ou son équivalent synthétique ? La question est toujours aussi clivante. Si les choses sont claires en ce qui concerne le respect de la vie et du bien-être des animaux, il n’y a pas de bonne réponse sur le plan esthétique et environnemental pour l’instant. Tout reste une question de préférence et surtout de convictions. En attendant, peut-être, des alternatives parfaites ou presque irréprochables, à tout point de vue !

 

 

 

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Elsa Laurent

Elsa Laurent

Designer dans l’industrie textile en habillement et en ameublement, je suis co-fondatrice de Textileaddict.me depuis 2017. J'aime partager mes connaissances et bons plans du textile mode et maison. Mon objectif : permettre aux acteurs du secteur de se mettre facilement en relation pour développer leurs projets.
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