Essayages et ajustements des vêtements d’une nouvelle collection

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On a beau avoir un coup de cœur pour un modèle, si au moment de l’enfiler le confort n’est pas au rendez-vous ou qu’il tombe mal, le verdict est souvent sans appel. Des vêtements mal taillés peuvent anéantir tous les efforts fournis pour lancer une marque. C’est pourquoi l’une des étapes clés de l’élaboration d’une collection est bien évidemment celle de l’essayage.

 

Pourquoi et à quel moment organiser des essayages ?

Un client déçu par la coupe des vêtements peut couter cher. Non seulement le bouche-à-oreille et les commentaires laissés sur la toile peuvent nuire à l’image de marque, mais avec l’essor de la vente en ligne, la gestion des retours devient une problématique à part entière. Afin de tenir la promesse de la marque auprès de des clients et de limiter les frais et les contraintes logistiques et administratives liées aux retours, valider le bien-aller de des vêtements est une étape indispensable.

Les essayages doivent se faire lors de la réception des prototypes de la collection. Leur réalisation étant généralement basée sur les dossiers techniques transmis aux fabricants, il faudra s’assurer que les consignes aient bien été respectées et que le modèle définitif corresponde à ce que le styliste modéliste avait en tête avant de démarrer la production.

 

Le patronage, étape technique d’une collection de mode

 

Le prototype sorti de l’usine est parfait du premier coup ? C’est tant mieux ! Le feu vert peut être donné au fournisseur pour lancer la confection. Mais s’il comporte des défauts, il faut réagir rapidement. En effet, les prototypes, qui correspondent souvent à la taille centrale de la marque, vont servir de base pour la gradation des autres tailles. Et un problème de découpe ou de manches trop longues risque fort de se répercuter sur toute la série si le styliste le laisse passer. Une fois la production terminée et les articles expédiés, il sera trop tard pour rectifier le tir si quelque chose ne va pas.

 

Les tailles de vêtements : comment s’y retrouver ?

 

 

Comment réussir ses essayages ?

Les essayages peuvent bien évidemment être réalisés sur mannequin couture, mais l’idéal reste de faire appel à un modèle vivant, ou mannequin cabine dans le jargon textile. Incarnation en chair et en os de la taille de référence, le mannequin cabine a l’immense avantage de pouvoir exprimer son ressenti sur le confort et la praticité des vêtements. Une matière qui gratte, une doublure trop longue, un zip difficile à fermer ou un pantalon impossible à enfiler sans se contorsionner sont autant d’informations précieuses que le créateur va pouvoir prendre en compte afin d’améliorer ses modèles.

Le créateur reprendra également le dossier technique, il vérifiera si les mesures et indications ont été suivies correctement. Lors de l’essayage, le styliste pourra vérifier la coupe et l’allure générale du vêtement, le modéliste retoucher un col ou une ouverture de manche trop étroite. Tous les changements doivent être annotés clairement et les mesures corrigées devront être communiquées au fournisseur avec précision. Avec une analyse précise et méthodique, habituellement on passe en revue chaque vêtement en partant du haut vers le bas et du dos vers le devant du corps.

 

Dossier et fiche technique d’une collection textile

 

Souvent des photos des ajustements à effectuer sont prises pour appuyer les propos ou bien le prototype modifié par le modéliste à la suite de l’essayage est renvoyé à l’atelier. Epingles pour maintenir un plissé retravaillé, ajout ou suppression d’un peu de matière au dos d’une veste, rectification des pinces sous poitrine : ajuster le modèle directement sur mannequin pour obtenir exactement ce que l’on veut reste parfois le meilleur moyen de se faire comprendre. Une fois ces nouvelles instructions transmises, le modéliste demande à recevoir une deuxième version du prototype, et ainsi de suite jusqu’à satisfaction.

De temps à autre, un modèle trop difficile à mettre au point devra être abandonné, passé sur une matière plus facile à travailler ou pourquoi pas être placé chez un nouveau fournisseur plus à même de répondre aux exigences.

 

Et après ?

Une fois cette étape passée et la production terminée, la majorité des marques procèdent à un ou plusieurs contrôles supplémentaires. Soit directement dans les usines pour les enseignes pourvues d’équipes sur place, soit à la réception de la marchandise. L’idée est de prélever une pièce au hasard sur la taille de référence et de la comparer à la dernière version du prototype. Si des écarts sont constatés par rapport à ce dernier ou des défauts comme des tâches ou des coutures trop fragiles, il est préférable d’élargir le contrôle. Au besoin, un tri complet est fait pour définir quelle part de la commande est concernée. Cela évitera de vendre des produits défectueux et servira de base pour négocier une compensation auprès du fabricant si nécessaire.

 

 

A lire :

La création d’une collection de vêtements (avec ou sans imprimés)

 

Elsa Laurent

Elsa Laurent

Designer dans l’industrie textile en habillement et en ameublement, je suis co-fondatrice de Textileaddict.me depuis 2017. J'aime partager mes connaissances et bons plans du textile mode et maison. Mon objectif : permettre aux acteurs du secteur de se mettre facilement en relation pour développer leurs projets.
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