De couverture à mini-jupe, le parcours fantaisiste du kilt

kilt_textileaddict

Kilt ©Houston Kiltmakers, Paisley, Écosse. 2019. Photo ©Mucem – Marianne Kuhn // Robe Comme des Garçons et paire de baskets Comme des Garçons x Nike Vapormax. Défilé Prêt-à-porter Printemps-Été 2017, collection « Invisible Clothes » ©Comme des Garçons. Photo ©IMAXtree

 

Qui suis-je ? Etoffe à carreaux, généralement de couleur vive. Autrefois, chacun de mes motifs, était attribué à un clan différent permettant l’identification d’appartenance à un groupe. A usage de couverture de voyage puis manteau traditionnel des Highlanders…je suis …? Le plaid en tartan, l’étoffe de base des légendaires kilts !

 

L’origine du kilt

Par-delà la jupe mythique que l’on connaît, le kilt est avant tout un vêtement historique qui a su traverser aussi bien les siècles que les hautes montagnes d’Ecosse. Porté dès le XVI ème siècle dans la région, les habitants des Highlands vont l’imposer comme vêtement incontournable de l’identité écossaise dès le 19ème siècle, en réponse aux tensions politiques avec l’Angleterre. Revendications vestimentaires obligent.

Non façonné, l’ancêtre du kilt se présente d’abord sous la forme d’un long pan de tissu épais (environ 5 mètres !). Composé de laine tissée, les motifs dessinent des rayures de couleurs qui se croisent en angle droit pour former parfois un carré, parfois un rectangle, appelé plus techniquement « le sett ». Tout comme aujourd’hui, on le portait en partie autour de la taille. L’autre partie, bien plus longue, était jetée sur l’épaule avant d’être fixée par une épingle, ajustée en fonction des conditions climatiques ou de la liberté de mouvements souhaitée.

Traditionnellement réservé aux hommes, le plaid tartan s’affichait aussi bien comme uniforme militaire que dans la pratique de sports celtiques avant de perdre quelques centimètres et venir également couvrir les gambettes des femmes.

 

La musique, meilleur ambassadeur du kilt

Fin 19 ème, le tartan débarque en France et plus généralement dans l’industrie de la mode pour s’imposer auprès de la gente féminine. L’utilisation qui en est faite, au-delà de la matière, devient vite un marqueur social. Les femmes issues de la bourgeoisie affichent des pièces en tartan stylées (jupe longues ou bas pour jouer au golf) tandis que celles de classe modeste, lui réservent un usage plus intime (plaid ou robe d’intérieur). A même tartan, valeurs et vêtements divergents.

Le milieu du XX réveillera le meilleur (ou le pire !) du kilt. Le kilt moderne devient jupe portefeuille plissée, à plis plats ou ronds, le tissu s’allège, la coupe se raccourcit. Les artistes de la scène londonienne l’adoptent dès le milieu des 60’s, le Swinging Sixties le fait basculer dans la culture populaire. La kiltmania enveloppe tour à tour les jambes des Beatles, des mannequins populaires comme Twiggy, ou celles de Mary Quant, styliste anglaise et mère de la mini-jupe.

Scrutés par l’international, les vedettes anglaises deviennent les modèles des chanteurs yéyés français. Sylvie Vartan, France Gall ou Françoise Hardy hissent le kilt au rang de must have. Sheila va jusqu’à le mettre en scène dans sa chanson de 1967, titrée à la gloire de la fameuse jupe « Le Kilt » (Archives Ina à redécouvrir absolument pour moment totalement farfelu, ici ) !

De la chanteuse à couettes française à l’idéologie punk, il n’y a qu’un kilt et une décennie. Emblème de l’aristocratie, il devient dans les 70’s un vêtement contestataire, signe de rébellion contre la classe dirigeante. Les Sex Pistols – dont le manager n’est autre que le mari de la styliste déjantée Vivienne Westwood – en feront le porte étendard de toute une génération. Différents courants musicaux (rock, gothique ou grunge) auront ses faveurs, des Guns N’Roses au sulfureux Robbie williams.

 

De l’underground aux podiums

Vivienne Westwood, la styliste anglaise papesse du punk en a fait sa pièce fétiche depuis 40 ans, Howie Nicholsby le designer qui l’a révolutionné semble avoir trouvé le parfait équilibre entre un style punk et aristo pour se permettre de le porter au quotidien. Si côté frenchy, Yves Saint Laurent n’a pas résisté à l’influence du kilt dans la création de jupes écossaises plissées au milieu des années 70, c’est certainement Jean-Paul Gaultier qui lui a donné un nouvel élan. Le kilt est dans l’ADN Gaultier. Le couturier est devenu le nouveau porte-parole de la jupe pour l’homme. Retour à la case départ, celui d’un symbole de virilité si cher aux Highlanders.

 

Le kilt trouve aujourd’hui sa place dans une multitude de vestiaires au-delà des terres Celtes, dans un style masculin ou féminin, revisité à la sauce prêt-à-porter ou haute couture. Le poids des traditions ne semble pas avoir pesé sur cet emblème national, figure de l’aristocratie, devenue un temps provocateur, revendicateur, mais qui a toujours su conserver son charme d’antan.

 

 

A lire :

L’histoire du tartan

Vivienne Westwood, les pièces emblématiques

Le bleu de travail, de l’usine à la rue

Qu’est ce qui nous fait tous courir après le jogging ?

 

0
Partager :
Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur twitter
Partager sur email

Missions freelance

Inscription gratuite et rapide

Suivez-nous !


Articles récents

Salon partenaire

Texworld evolution paris textileaddict

Membres

Membres récemment actifs
Illustration du profil de ROY Vanessa
Illustration du profil de Elsa
Illustration du profil de Anne Charbit
Illustration du profil de BILLY
Illustration du profil de Simonet
Illustration du profil de benaissa
Illustration du profil de lemaire
Illustration du profil de Laure
Illustration du profil de Michoux Loreina
Illustration du profil de NIPAU
Illustration du profil de HelloSeb
Illustration du profil de Sebastien
Illustration du profil de claire
Illustration du profil de GIBARD
Illustration du profil de Julie V
Illustration du profil de Jrpolo
Illustration du profil de chocq
Illustration du profil de Giraud
Illustration du profil de Amélie Bogreau
Illustration du profil de Clémence

Restez informés !