La fibre textile de coco

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La fibre textile de coco ou « coir » provient de l’enveloppe qui protège le fruit du cocotier (Cocos Nucifera). Cette espèce de palmier n’est pas un arbre, mais une plante de la famille des Arecaceae. Très courant dans les régions tropicales humides, le cocotier peut atteindre 30 mètres de hauteur.

 

La noix de coco, un fruit voyageur

L’origine du cocotier et l’histoire de sa fibre restent assez floues. Par contre, l’utilité de la fibre de coco ne fait aucun doute : le coir sert de « bouée » aux fruits du cocotier. Cette épaisse couche ligneuse située entre la peau et la coque permet aux noix tombées sur le rivage de flotter et de voyager au fil des océans pour assurer la reproduction de l’espèce. 

Des noix de coco fossilisées ont été découvertes en Inde et en Nouvelle-Zélande, et on sait que le cocotier est présent dans les îles Fidji depuis – 2 500 av. J.-C. 

Il s’est ensuite implanté dans les îles Marquises, sur l’île de Pâques et à Hawaï (IVe siècle), puis en Chine (IXe siècle) et en Afrique de l’Est (Xe siècle). 

Au XVIe siècle, les explorateurs portugais et espagnols l’introduisent en Afrique de l’Ouest, dans les Caraïbes et sur les côtes d’Amérique Centrale. 

Aujourd’hui, l’industrie du coir est surtout développée en Inde (389 000 tonnes/an), au Sri-Lanka (73 000 tonnes/an) et en Thaïlande (40 000 tonnes/an). On l’exploite aussi bien de manière artisanale qu’industrielle.

 

Les propriétés du coir, une fibre végétale rustique

La fibre de coco est une fibre végétale qui présente de nombreuses propriétés, à commencer par sa robustesse.

 

Avantages

– Fibre longue (jusqu’à 35 cm) épaisse et très résistante

– Isolante

– Imputrescible

– Antibactérienne

– Écologique (sous-produit de l’industrie alimentaire)

 

Inconvénients

– Apparence grossière et grande rigidité

– Empreinte carbone élevée (transport) 

 

Culture et récolte

Le cocotier pousse dans les sols sableux et bien irrigués. On le cultive surtout le long des côtes, mais il peut être planté jusqu’à 1 000 m d’altitude. Un même palmier produit à la fois des fleurs mâles et femelles, ce qui lui permet de se féconder lui-même. Les premiers fruits peuvent être récoltés 4 à 7 ans après la plantation. Une fois adulte, le cocotier produit jusqu’à 200 noix par an, chacune d’entre ayant besoin de 4 à 10 mois pour arriver à maturité. 

Dans la noix de coco, rien ne se perd. Chaque « partie » du fruit peut être exploitée : alimentation (pulpe fraîche, eau de coco), objets d’artisanat (coque), élaboration de produits d’hygiène ou cosmétiques (coprah : pulpe séchée), production de fibres textiles (coir)…

 

La production de la fibre de coco

Le coir est un sous-produit de l’industrie alimentaire. Il est exploité après la récolte des fruits sur l’arbre (fruits encore verts) ou leur ramassage au sol (noix mûres). Selon le degré de maturité des fruits, les fibres sont blanches ou brunes (les plus utilisées).

Avant de traiter la fibre de coco, il faut la détacher de la coque des fruits après récolte. Cette opération est réalisée à la main ou mécaniquement. 

Ensuite vient l’étape de rouissage : les fibres sont placées dans des filets, puis immergées pendant plusieurs mois dans des fosses ou des lagunes. Ce « dégommage » bactérien naturel permet de désolidariser les fibres. 

Elles sont ensuite battues, puis séchées au soleil et prennent une couleur claire.

Les fibres sont la plupart du temps filées en Inde, à la main, à l’aide de rouets. Après avoir obtenu un premier fil, on le câble en 2 brins avant de le mettre en écheveaux, bobines ou balles.

 

Applications

La grande rigidité de la fibre de coco limite ses applications purement textiles à des secteurs techniques (bâtiment, agriculture…), à la décoration et aux objets utilitaires : 

– brosserie, 

– tapis (nattes, carpettes, paillassons…), 

– cordages et filets de pêche, 

– rembourrage de sièges ou de literie, 

– insonorisation, 

– combustible, 

– géotextiles.

En revanche, le fibre de coco n’a pas de débouchés dans la mode/habillement.

 

 

A lire :

Les fibres naturelles

Les principales matières premières

Les fibres textiles et leur classification

 

Elsa Laurent

Elsa Laurent

Designer dans l’industrie textile en habillement et en ameublement, je suis co-fondatrice de Textileaddict.me depuis 2017. J'aime partager mes connaissances et bons plans du textile mode et maison. Mon objectif : permettre aux acteurs du secteur de se mettre facilement en relation pour développer leurs projets.
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