| Mis à jour 09/2026 |
L’ennoblissement textile regroupe l’ensemble des méthodes qui transforment l’apparence, le toucher ou les propriétés fonctionnelles d’une étoffe. Parmi elles, l’apprêtage – ou finition ou apprêts textiles – désigne l’ensemble des opérations mécaniques ou chimiques que l’on fait subir aux étoffes ou parfois aux articles afin de leur donner la présentation, l’aspect et toutes les qualités appropriées à leur usage.
Ces traitements interviennent généralement en fin de chaîne d’ennoblissement, le plus souvent après la teinture ou l’impression du textile, pour préparer l’étoffe à l’usage auquel elle est destinée. On distingue deux grandes familles d’apprêts, aux logiques bien différentes.
Les apprêts mécaniques : une action physique, à l’état sec
Les traitements mécaniques modifient la surface, le toucher ou l’apparence d’un tissu par une action purement physique (pression, frottement, chauffe, abrasion) réalisée à sec, sans ajout de produit chimique.
Ils permettent par exemple de rendre une étoffe plus brillante ou plus mate (calandrage, glaçage), plus douce ou plus moelleuse (grattage, foulage), de lui donner du relief (gaufrage, cloquage, moirage) ou de stabiliser ses dimensions pour qu’elle ne rétrécisse plus au lavage (sanforisage).
Ces techniques (calandrage, grattage, foulage, sanforisage, gaufrage, moirage et bien d’autres) sont détaillées dans notre article dédié : Les apprêts mécaniques.
Les apprêts chimiques : de nouvelles propriétés apportées à la fibre
Les traitements chimiques, eux, consistent soit à enrober les fibres de l’étoffe pour lui apporter une propriété particulière sans en modifier l’aspect, le toucher ni la respirabilité, soit à déposer un matériau (résine, polymère…) à la surface du tissu, par imprégnation ou par enduction.
On les regroupe généralement en quatre grandes familles selon la propriété recherchée :
- Les apprêts de tenue à l’usage : Ils ont pour but d’améliorer la durabilité du produit textile et de faciliter les opérations d’entretien courant (lavage et séchage)
✅ Infroissabilité, irrétrécissabilité, tenue des couleurs… - Les apprêts protection : Ils visent à protéger le produit textile en fonction de sa nature propre et de son environnement futur
✅ Hydrofugation, imperméabilisation, oléofugation, antitaches, antistatique, protection contre les mites ou les moisissures… - Les apprêts organoleptiques : Aspect et toucher : ils agissent sur un organe des sens et donc ont une action à caractère purement subjectif
✅ Assouplissage, adoucissage, matification, apprêt de charge et de raidissage, apprêt de garniture, brillance, modification du toucher, … - Fonctions spécifiques : azurage optique, micro-encapsulation, propriétés thermorégulantes ou cosméto-textiles…
Le détail de ces procédés et de leurs applications est développé dans notre article dédié : Les apprêts chimiques.
Un peu d’histoire
L’apprêtage n’a rien d’une invention récente : dès le début du XXe siècle apparaissent les premiers traitements de protection par imprégnation, avec notamment le procédé Hirschler (1922) pour l’ignifugation et l’imperméabilisation, puis les premiers apprêts infroissables (1932) et antitaches (1938).
Quelques jalons plus proches de nous ont marqué durablement le secteur :
- Années 1950 — le « wash and wear » facilite considérablement l’entretien des tissus grâce à une résine fluorée enrobant chaque fibre (Téflon, Scotchgard).
- 1969 — Bob Gore invente aux États-Unis la membrane Gore-Tex, microporeuse, imperméable et coupe-vent, tout en laissant s’échapper la transpiration.
- 1990 — la technologie Outlast introduit les matériaux à changement de phase, capables d’emmagasiner puis de restituer la chaleur au contact du corps.
- Années 2000 — les nanotechnologies donnent naissance aux textiles dits « intelligents », capables de fonctions antibactériennes, anti-UV, désodorisantes ou parfumantes.
Aujourd’hui, ces textiles fonctionnels — aussi appelés techniques, industriels ou fonctionnels — représentent en France plus de 30 % de la production textile totale, la France étant le deuxième producteur européen de textiles techniques après l’Allemagne (chiffres 2006, DGE/Ubifrance).
En résumé
Qu’ils soient mécaniques ou chimiques, les apprêts transforment une étoffe brute en un produit fini, prêt à l’usage : confort, esthétique, durabilité, protection. Pour aller plus loin sur chacune des deux familles de traitements, direction nos articles dédiés aux apprêts mécaniques et aux apprêts chimiques.
A lire :







