Savoir-faire tiré de maîtres artisans du XVIe siècle, le linge basque doit tout son charme à cette plante écologique qu’est le lin . Naturellement présent sur le territoire béarnais et basque, il est devenu la matière première phare des artisans tisserands. Mante, vêtement, linge de maison, l’utilisation du lin tissé n’a cessé de se développer au fil des années. Des origines à aujourd’hui, récit d’un textile traditionnel devenu populaire.

 

motifs linge basque textileaddict

 

Se déplaçant de ferme en ferme, les tisserands itinérants utilisaient la récolte de lin afin de couvrir les besoins des paysans. Ils leur confectionnaient essentiellement des habits, du linge de maison et des couvertures pour les bœufs, les mantes. Symbole d’appartenance sociale, ces grandes pièces en toile de lin agrémentées de rayures, étaient apposées sur le dos des bêtes contre la chaleur et les parasites. Disposées de chaque côté en symétrie, sept rayures plus ou moins larges y figuraient. Plus elles étaient grosses, plus cela demandait de teinture, ce qui indiquait la richesse du foyer. Aussi, chaque ferme possédant la sienne, il était aisé de distinguer à quelle ferme appartenait tel troupeau. De base, et ce, depuis le XVIIIe siècle, les rayures étaient de couleur bleues. En effet, provenant de la région de Toulouse, une plante nommée le pastel permettait d’obtenir un colorant naturel que l’on appliquait sur les fils afin de les teindre. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle, avec la venue d’un nombre important de familles de tisserands dans la région du pays-basque, que différents corps de métier relatifs à l’art du tissage ont permis l’expansion du linge basque. Aussi, le traditionnel et véritable linge de maison basque se veut écru avec pour motif des rayures bleues. Au nombre de sept, elles symbolisent les sept provinces du Pays Basque : trois pour la France, quatre pour l’Espagne. En fonction du propriétaire et de sa profession, il s’ensuit l’idée de teindre le linge de maison de la même couleur que le bois des fermes et des maisons selon le schéma suivant : écru rayé rouge (sang de bœuf) pour les éleveurs, écru rayé bleu (reste de peinture des bateaux mariniers) pour les pêcheurs, écru rayé vert (sulfate de cuivre) pour les agriculteurs. Après la Seconde Guerre mondiale, le lin, considéré de mauvaise qualité car difficilement cultivable au pays-basque à cause du climat, laissera sa place au profit du coton. Il faudra attendre les années 60, avec le développement de sites touristiques, pour que les toiles s’ouvrent à des motifs tels que les fleurs tissées d’inspiration espagnole. Puis, dans les années 90, le linge basque s’est modernisé en s’adaptant aux nouvelles tendances que sont la mode et la décoration. Aussi, leur engouement a permis aux artisans tisserands de prendre des libertés : affinement ou multiplication des rayures, coloris plus riches (bayadères), nuancés et lumineux.

Depuis lors, il subsiste trois maisons d’artisans tisserands dans les Pyrénées-Atlantiques. Tissage Moutet situé à Orthez, est le premier tisserand à employer la technique Jacquard. Ona Tiss basé à St Palais est l’artisan tisserand spécialisé dans le linge basque 100% coton. 1910 Lartigue à Bidos et Ascain est le tisserand 4ème génération repensant le linge basque à chacune de ses collections (lire l’article). C’est en renouvelant et en perpétuant la tradition du motif et du linge basque, que ces trois maîtres artisans tisserands se posent en tant que garants et défenseurs de l’histoire du textile basque.

 

0
Tags:
0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

Pour tout renseignement contactez nous !

En cours d’envoi

©2019 TextileAddict

fringilla vulputate, eleifend amet, commodo id,

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account