Le wax est-il encore africain_Textile Addict

Un rayonnement international dû à son style très (re)marqué, un graphisme et des couleurs chamarrées qui séduisent créateurs et consommateurs, le wax est devenu en quelques années l’étoffe chouchou des défilés. Assimilé à un produit identitaire du continent noir, il est pourtant loin de faire l’unanimité au sein du stylisme africain. W-A-X, 3 lettres qui sèment la zizanie au cœur de la planète mode et qui échauffent les esprits : la guerre du wax serait-elle déclarée ?

 

Contrairement aux idées reçues, le wax n’est pas né sur le continent Africain mais bien en Indonésie, où la technique d’impression sous cire (dont il tire son nom) était dédiée à la fabrication des batiks. Importé en Europe au cours du 19e siècle par des marins originaires des Pays Bas, ce savoir faire s’est ainsi largement « hollandisé » tout en piochant dans les codes de la culture africaine. Un tissu à l’identité si singulière… mais quelque peu usurpée…

 

Son leader mondial, Vlisco, multinationale hollandaise, produit plus de 64 millions de mètres par an dont la majorité est exportée en Afrique depuis plus de 170 ans…un tissu imposé à la culture africaine pourtant riche d’étoffes plus authentiques que le wax mais malheureusement très peu valorisées comme le kente (Ghana), le bogolan (mali), le kita (Côte d’Ivoire), le faso dan fani (Burkina Faso) ou encore le ndop (Cameroun).

Même si Vlisco se défend de cette image de « colonisateur » en indiquant que 2 de ses marques Uniwax et GTP sont respectivement produites en Côte d’Ivoire et au Ghana, dans la réalité la production du wax « Made in Africa » est quasi inexistante.

De par son poids économique le géant hollandais force le respect…pas forcément l’admiration ; la parole est difficile à délier tant son emprise est grande dans le secteur.

 

tendance wax_Textile Addict©Imane Ayissi // ©Nelly Wandji // ©Christie Brown

Même si de nombreux stylistes africains se plient à une “Africanisation du wax”, de plus en plus de créateurs comme Imane Ayissi, Nelly Wandji, ou encore Christie Brown commencent à se libérer de cette manne financière évidente pour laisser leur art s’exprimer au travers d’étoffes aux techniques parfois insoupçonnées et complexes, plus fidèles à leurs véritables racines africaines.

 

Porté en Afrique, imprimé aux Pays Bas, le wax séduit, le wax fait vendre. Choisir entre intérêts économiques ou respect de son identité, telle est la question qui hante les acteurs d’une mode africaine qui pourrait toutefois prendre un tout autre visage dans les années à venir…

 

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