Dans le film de François Truffaut, « L’homme qui aimait les femmes » (1977), Charles Denner monologue ainsi : « Rien n’est plus beau qu’une femme habillée d’une robe adaptée au rythme de la marche ! » … eh bien, pour en arriver là, il aura fallu des siècles d’émancipation féminine ! La robe est incontestablement un marqueur culturel extrêmement fort. Retour sur une libération…

 

La robe, d’abord un vêtement unisexe

La robe est-elle un habit féminin ? De nos jours, en occident, oui ! Pour autant, en Europe, elle a longtemps été portée par les deux sexes. C’est seulement à la Renaissance qu’elle devient un vêtement exclusivement féminin… depuis la fin du Moyen Âge, les hommes portent donc la culotte et les femmes, la robe ! Mais, n’oublions pas que la robe restera unisexe pour les enfants jusqu’à la fin du 19ème siècle…

 

La robe, une prison corsetée  

Dans son livre, « La robe, une histoire culturelle », l’historien Georges Vigarello raconte en détail les péripéties de ce vêtement, liées à la place occupée par les femmes dans une société dominée par les hommes. Du 15ème au 18ème siècle, la femme est donc corsetée, la ceinture étranglée et le bas du corps noyé sous les plis. Un corsetage qui redresse et dresse, à la fois, les femmes !

L’historien Georges Vigarello parle même d’un enjeu de culture : « L’habit court masculin opposé à l’habit long féminin, l’insensible différence entre l’homme confronté au travail, et la femme confrontée au décor, les unes vers l’esthétique, les autres vers la fonctionnalité. »

 

histoire de la robe evolution_textileaddict©godofredo.ninja

 

Révolution en jupons

Les Lumières et l’invention des sciences naturelles permettent de desserrer l’étau, on prend enfin conscience de la souffrance du corps féminin… la « robe à panier » libère un peu le mouvement des femmes pendant que Marie-Antoinette, elle, s’autorise au Petit Trianon des « déshabillés galants » !

Mais c’est la révolution française qui libère la femme et allège les robes. Dès 1789, la silhouette féminine tend à ressembler à celle des premières démocraties grecques : la robe devient fluide et plus légère, un seul et unique lacet sous le sein !

 

La liberté par le pantalon

A la fin du 18ème siècle, quelques femmes osent même le pantalon, immédiatement interdit puisqu’à partir de 1800 : « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de Police pour en obtenir l’autorisation. ». Et c’est finalement cette interdiction qui, paradoxalement, permettra à la femme de choisir enfin la tenue vestimentaire de son choix !

La mode s’en empare, la révolution de la robe est en marche. En 1926, Coco Chanel lance des ensembles en jersey souples, utilisés auparavant comme sous-vêtements. Après la deuxième guerre mondiale, la taille de la robe fond comme neige au soleil et Mary Quant et André Courrèges offrent aux femmes la minijupe leur permettant « une libre disposition de leur corps », souligne Georges Vigarello.

Mais les femmes ne veulent plus se laisser dominer et imposer un style vestimentaire. Grâce à Yves Saint Laurent, le pantalon prend rapidement le dessus et, dès 1965, la production de pantalons dépasse celle des robes et des jupes !

 

En conclusion, l’historien Georges Vigarello se pose une question, la seule qui vaille à la lecture de son ouvrage : « Et si la victoire du pantalon sur la robe était due au fait qu’elle a bien trop longtemps été un signe de contraintes pour les femmes ? »

 

A lire : La Robe, une histoire culturelle de Georges Vigarello – Éditions Seuil

 

 

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