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©Mobilier national – Yvan Moreau

C’est durant le règne du Roi Soleil que la Reine Des Dentelles a fait son apparition. Surnommée ainsi lors de la 1ère exposition universelle de Londres au XIXe siècle, la dentelle d’Alençon, fleuron de la virtuosité française, été répertoriée en Novembre 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Retour sur l’histoire d’un savoir faire français d’exception, reconnu et envié dans le monde entier.

 

De l’administration de Louis XIV à celle du ministère de la culture

En 1650, en plein cœur de la Normandie, une alençonnaise, Marthe La Perrière introduit une technique de dentelle à l’aiguille, le point d’Alençon, calqué sur le point Venise, ville qui en avait alors le monopole. Devant le succès remporté auprès de la cour, et pour freiner la concurrence italienne, le ministre des finances Colbert, y voyant une belle opportunité économique, va ordonner la création de la manufacture nationale du point de France et la placer sous la propriété des Manufactures Royales.

Considérablement enrichi, l’état va s’attacher à dynamiser ce savoir faire, le nombre de dentellières dépasse alors les 10 000 en officiant dans 80 ateliers différents. Lors de la révolution de 1789 et la débâcle qu’elle va occasionner, cette production va s’arrêter brutalement. Il faudra attendre 1807 pour que la fabrication soit relancée grâce à la Congrégation de Sœurs de la Providence qui va savoir perpétrer la tradition.

Le début du XXe siècle marque le déclin de cette industrie qui pâtit de la concurrence de la dentelle mécanique ; par souci de conservation et de transmission de ce savoir-faire d’excellence, le mobilier national a crée en 1976 l’Atelier national du point d’Alençon placé sous l’égide du ministère de la culture.

 

De fil en aiguille, une technique très sophistiquée

La dentelle d’Alençon, caractérisée par un réseau de mailles bouclées, doit sa technique exceptionnelle à la minutie dont il faut faire preuve pour l’exécuter (entre 7 et 12H par cm2) !! Elle ne nécessite qu’une aiguille, du fil de lin, un support (vélin ou parchemin)… et 10 étapes parfaitement maitrisées pour finir par celle d‘un assemblage invisible de tous les éléments de petites tailles. De la Préparation (Dessin et Piquage sur le parchemin) à la réalisation de la dentelle (Trace Réseaux, Remplis, modes et brodes) aux finitions (levage, éboutage, assemblage, régalage, luchage ou affiquage), chaque dentellière doit maitriser l’ensemble du processus. Pour parvenir à cette perfection, la transmission se fait par un apprentissage oral et pratique qui dure entre 7 et 10 ans. Il existe actuellement 7 dentelières confirmées au niveau mondial et 2 apprentis sont en cours de formation.

 

Les Temps Modernes

Confronter la haute technicité ancestrale à la création contemporaine (Jean-Jacques Morel, Paul-Armand Gette, Corinne Sentou), tel est le défi de l’Atelier du point d’Alençon qui innove par des créations aux motifs renouvelés, sachant mêler à la fois tradition et modernisme.

 

Visiter l’Atelier de dentelle à Alençon : ouvert uniquement pour les Journées européennes du patrimoine
Visiter le Musée des Beaux-arts et de la dentelle d’Alençon : Cour Carrée de la Dentelle – 61 000 Alençon // 02 33 32 40 07 // musee@ville-alencon.fr

 

A lire :

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1 Commentaire
  1. Louis XIV qui avais instauré ce que l’on peux appeler, un mode de vie à la cours, avais imposé le port de la dentelle au point d’Alençon l’hiver et la dentelle aux fuseaux de valencienne l’été.
    Contrairement aux dentelles aux fuseaux, les dentelles à l’aiguille se font rare, contenu dans leurs difficultés d’obtenir un travail régulier, tout est question de gestes et de tension.
    Les dentelles à l’aiguille les plus connus ce limite au “gros point de Venise”, aux deux dentelles jumelles du “point d’Alençon” et “point d’Argentan”, et la “gaze de Bruxelles”. Sedan fut également une ville de dentelle à l’aiguille mais elle n’évolua pas est resta ce que l’on appelle le “point de France” (dentelle de transition entre le point de Venise et celui d’Alençon).
    Cette dentelle fut bien nommé “Reine des dentelles et dentelle des reine” par le roi Albert lors de l’exposition universel de Londres en 1851.
    Aujourd’hui, seul l’atelier national du point d’Alençon, et l’atelier des Bénédictine d’Argentan, perpétue les savoir-faire tel qu’il à été fait dans sa période la plus riche, mais ne l’enseigne pas, je suis la seul dans le monde à transmettre cette technique avec cette finesse. La Belgique enseigne encore la dentelle à l’aiguille mais d’une façon plus primaire, quant a Venise sont savoir-faire et quasiment disparût.
    Et je vais m’arrêter là car je pourrais en parler toute la nuit 😉

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