la detelle du Puy en Velay_textile addict

Une carte postale en noir et blanc, retrouvée, jaunie par le temps, représentant une grand-mère en habit traditionnel, des dizaines de fuseaux sur les genoux, quelques centimètres de dentelle dépassant du tablier…hormis les vêtements de l’héroïne, rien n’a changé. L‘occasion pour nous de vous raconter la belle histoire de la dentelle du Puy en Velay, l’autre technique manuelle, avec celle à l’aiguille, de la dentelle faite main.

 

Crée en 1976,  l’Atelier Conservatoire National de la Dentelle du Puy-en-Velay consacre un savoir faire d’exception qui trouve ses origines au Moyen-Age. Haut lieu de pèlerinage, car point de départ des chemins de Compostelle, la ville attire à cette époque là de nombreux marchands et colporteurs qui auraient enseigné les rudiments de cet art aux habitantes.

Au XVIIe siècle, l’apprentissage du métier de dentellière se fait par l’intermédiaire des religieuses de l’ordre des Béates. Ces sœurs, « demoiselles de l’instruction », enseignent le jour les bases de la lecture, écriture ou calcul ainsi que l’éducation religieuse. Le soir, pour s’assurer un minimum de ressources, elles organisent des couviges pour former femmes et jeunes filles aux travaux de la dentelle. C’est Jules Ferry, au début du XXe siècle qui  va mettre un terme à cette forme d’enseignement catholique pour instaurer une école publique et laïque. Suite à cette réforme et au désintérêt pour la dentelle un peu passée de mode, ce savoir faire va progressivement disparaître et seuls, quelques passionnés, vont heureusement maintenir cet art en activité jusqu’à la création du Conservatoire.

 

Une technique…très technique

La dentelle du Puy est réalisée avec du  fil naturel ou synthétique et des fuseaux en bois ; ils sont constitués de trois parties : la tête (retient la boucle du fil), la bobine (pour enrouler la réserve de fil) et le manche (pour le maniement). En fonction de la complexité du point et le motif à réaliser, la manipulation d’une centaine d’entre eux peut être nécessaire.

Travaillant sur un carreau qui permet de maintenir le travail, la dentellière fait danser les fuseaux en les entrelaçant pour former les points ; le travail se déroule en 3 étapes distinctes. Transformer le dessin simple en dessin technique (mise en carte sous forme de codes et de couleurs) qui servira de guide, le reporter ensuite sur un carton en effectuant de petits trous qui permettent de passer l’aiguille avant d’être reproduit à l’encre. Une fois la dentelle réalisée, vient la dernière étape, celle de l’assemblage à l’aiguille des dentelles entre elles sur le tissu.

 

Véritable intérêt patrimonial pour certains, participation au rayonnement national et international pour d’autres, l’Atelier du conservatoire de la dentelle est administré par le Mobilier National en charge d’enrichir l’ameublement et les collections du pays. L’objectif principal est de pérenniser ce savoir faire d’exception en réalisant des travaux de qualité tout en transmettant cette technique au plus grand nombre.

 

 

Visiter l’Atelier conservatoire de dentelle au Puy-en-Velay : ouvert toute l’année, les mardis et jeudis de 14h à 15h30 et le mercredi de 9h à 10h30 (sauf jours fériés). Visites guidées (45 minutes), sur réservation uniquement
32, rue du 86ème Régiment d’Infanterie, 43000 Le Puy-en-Velay // 04 71 09 74 41

 

A lire :

La quintessence de la technique à l’aiguille : la dentelle d’Alençon

 

 

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