l'evolution de la typographie

 

La typographie est la matérialisation du message à transmettre à travers sa représentation visuelle, ce qui implique le choix d’un type de caractères, dans une taille appropriée et ceci dans le but de rendre le contenu lisible et agréable visuellement. Comme on le verra ce choix n’est ni anodin ni détaché d’une époque donnée.

Le terme vient au départ de la composition des caractères en plomb qui facilitait la composition et la divulgation des ouvrages anciennement recopiés à la main.

Comme les couleurs et les formes, les caractères sont sujets à des modes, ainsi ont peut constater des évolutions dans le tracé des caractères et dater les polices d’après leur dessin.

 

Avant la presse de Gutemberg

Avant l’invention de l’imprimerie les caractères étaient dessinés au pinceau ou gravés dans les monuments.

L’écriture manuelle sur parchemin a hérité des premiers documents gravés dans l’argile et son côté artisanal a perduré dans les premiers temps de l’imprimerie.

Ces caractéristiques marquent les premiers dessins des caractères en plomb.

 

L’ère Gutemberg

L’imprimerie a vu le jour en Europe avec Gutenberg, dans la première partie du 15ème siècle. L’accroissement de la population et le besoin de divulguer des textes fondateurs a fait naître une nouvelle industrie. On ne pouvait plus continuer à reproduire manuellement des documents fragiles, par les moyens laborieux utilisés jusqu’alors par les copistes des monastères.

On a alors utilisé des caractères en plomb. Il s’agissait d’assembler tous les caractères d’une page, mot par mot, ligne par ligne et de droite à gauche, pour qu’une fois encrés et reportés sur une feuille de papier, on puisse les lire à l’endroit. Le système n’était pas très éloigné du jeu d’enfants à tampons encreurs, où l’on assemblait des lettres dans une glissière pour constituer des mots.

l'ere gutemberg©loulouetgaga.canalblog.com

 

Il fallait des caractères, résistants en bois ou métal, plusieurs fois manipulables, c’est le règne des caractères gothiques, au tracé épais pour résister à la manipulation et néanmoins alambiqué en souvenir des volutes et de la préciosité du tracé des moines copistes.

 

L’humanisme du 15ème siècle

A la Renaissance on s’inspire ainsi des manuscrits pour créer des caractères avec des pleins et déliés et au tracé proche de ceux des copistes et on fait la distinction entre les romains (caractères droits) et les italiques (caractères inclinés).

Ont peut citer des typographes comme Alde Manuce, Estienne et Garamond (du temps de François Ier).

police de caractere Alde Manucepolice de caractère “Alde Manuce”

 

La réforme

Du temps de la réforme et du contrôle de l’imprimerie par des extrémistes catholiques, les typographes s’exilent à l’étranger, notamment à Genève pour fuir les persécutions, même quelqu’un comme Robert Estienne, imprimeur du roi.

On voit apparaître des caractères comme le Granjon et le Plantin.

©galica.bnf.fr

 

L’ère classique

C’est le début de la presse et des encyclopédies. Un retour aux caractères hérités des inscriptions dans les monuments se fait au 17ème et 18ème siècles.

Les textes gravés au ciseau dans la pierre traduisaient le prestige et la rigidité du support ainsi que le savoir-faire des graveurs : des lettres majuscules, fines et élégantes, des sérifs délicats.

Les caractères redeviennent classiques, les capitales imposantes, les sérifs élégants, jusqu’à devenir filiformes. En effet de Louis XIV à Napoléon ont ressent le besoin d’asseoir un pouvoir fort par une typographie royale et ensuite impériale. Le tracé est rationnel, construit sur une grille de base et obéissant à des règles géométriques.

On a ainsi les Granjean en France du temps de Louis XIV, qui a créé “les Romains du Roy” (le Grandjean), William Caslon (1692-1766) en Angleterre, ainsi que John Baskerville (1706-1775), dont la typo est restée longtemps une référence. Didot (en France) et des Bodoni (en Italie), du nom des familles d’imprimeurs qui ont créé des polices du même nom dont les sérifs se trouvent réduits à de simples lignes. Un des fils Didot créera le “Romain de l’Empereur” pour se distinguer du “Romain du Roy”.

didot les romains du roypolice de caractère “les romains du roy “// police de caractère “Didot”

 

Le début de l’ère industrielle

Le 19ème siècle c’est l’ère industrielle. La machine vient remplacer le travail artisanal. L’imprimerie suit cette évolution, de la composition manuelle de caractères on passe à la composition mécanique de caractères par les Monotypes ou de lignes par les Linotypes. On voit apparaître des maisons d’édition prospères comme Hachette en France et Bertelsmann en Allemagne. La presse est en plein essor, la lisibilité des caractères prime sur la qualité et la rigueur du tracé.

En typographie des nouveaux tracés s’imposent les empattements disparaissent comme réaction à l’ancien Grotesque. On reprend aussi le tracé d’anciens caractères mis au goût du jour. On voit aussi apparaître les empattement rectangulaires, les “Egyptiennes”.

classification empattement Thibaudeau 1921classification empattement de Thibaudeau 1921

D’un autre côté la publicité est née. De nouveaux produits, de nouveaux moyens de transport et de communication ainsi que de nouvelles sources d’énergie apparaissent. Et la photo est là aussi.

Comment se distinguer, faire son trou, vendre les nouveaux produits et créer des nouveaux besoins ? La “réclame” s’impose partout, sur les enseignes des magasins, les publicités dans les journaux, l’affichage en ville. Cela donne naissance dans un premier temps à des caractères très fantaisistes aux formes décoratives. Il faut de nouveaux caractères pour accompagner cette évolution. Des caractères d’une “graisse” plus marquée, qui se distinguent par l’originalité de leur tracé.

 

Le début du XXème siècle

De 1900 à 1945 la typographie baigne dans les courants artistiques de l’époque.

D’abord l’Art nouveau et le Modern Style inspirent des tracés floraux et des volutes complexes.

Le constructivisme en Russie et le Futurisme en Italie, donnent naissance à des compositions osées et basées sur des diagonales et des lignes de force. Le mouvement Arts & Crafts en Angleterre fait un retour à la pratique artisanale et décorative. Mais Bauhaus qui en découle, en Allemagne, basé sur l’interpénétration de l’art et de l’Artisanat est le foyer de différents théoriciens de l’architecture, de la couleur et et de décoration qui prônent une rationalisation et sobriété dans les formes soumises à leur fonction utilitaire.

Cette évolution oeuvre vers une spécialisation des métiers : entre les typographes, les graphistes et les imprimeurs.

En Angleterre on voit apparaître le “Times” qui étroitisé et avec des jambages réduits, optimise la gestion de l’espace. En France le Peignot orne les murs du palais Chaillot. Le mouvement Nazi impose en contrepartie un retour aux anciens caractères gras du “grotesque”.

Comme réaction on voit apparaître des compositions sobres et se développer les caractères sans sérif qui vont donner naissance à l’Helvetica. Des théoriciens de la typographie comme Jan Tschichold publient des traités dans ces caractères.

palais chaillot@Archiscoop.org_palais chaillot©Archiscoop.org

 

Fin du XXème siècle

Le graphisme est roi. La composition n’est plus au plomb mais utilise des procédés nouveaux, la photocomposition. La technique de la photo inspire aussi la composition avec les lignes de fuite et la profondeur de champ.

D’un côté on a des typographes comme Frutiger ou des typographes du Nord de l’Europe qui créent des polices sobres et d’une lisibilité accrue. En effet la signalétique, en particulier la signalétique routière et la lecture sur écran, exigent une nouvelle rigueur et d’autres paramètres de lisibilité.

D’un autre côté la liberté emmenée par des procédés plus libres, la photocomposition et les lettres transfert et plus tard les logiciels de traitement de texte vont permettre des expériences nouvelles. On voit ainsi apparaître le “Rotis”, et “The Mix”un caractère qui combine des lettres à sérifs avec des lettres sans. Milton Glaser, Herb Lubalin, Herman Zapf sont des typographes très prolifiques et inventifs.

Des revues dédiés uniquement à la typographie voient le jour comme Emigré et U&LC.

UetLC©rocbo.lautre.net

 

A lire aussi :

La typographie dans la création textile

 

 

Biliographie

http://caracteres.typographie.org

http://www.typogabor.com/

http://paris.blog.lemonde.fr/

http://classes.bnf.fr/ecritures/arret/signe/typo/index.htm

https://www.pointypo.com/

http://www.imprimeriedesarts.ch/spip/spip.php?article21

http://www.typographie.org/histoire-imprimerie/index.html

http://www.jollystone.be/typographie.php

https://rocbo.lautre.net/typo/site/accueil.htm

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