Avec l’expo « Infiniment bleu. Arts décoratifs, peinture et mode au Château Borély », le Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode nous invite à plonger dans l’univers fascinant de la couleur bleue. Comment cette teinte a-t-elle influencé la mode, les arts décoratifs et la peinture du XVIIIe siècle à nos jours ? C’est ce que révèle cet événement gratuit, prolongé jusqu’au 1er mars 2026, idéal pour explorer l’histoire du textile et des nuances bleues à travers des pièces emblématiques. Préparez-vous à une immersion chromatique riche en couleur !
© Ange Lorente – Ville de Marseille
Quand le bleu conquiert les arts et la mode
À travers un nouvel accrochage des collections, l’expo « Infiniment bleu » interroge le rôle central de cette couleur dans l’évolution des mentalités et des créations artistiques. Le bleu sert de fil conducteur dans un parcours chronologique et thématique. Cette présentation questionne l’importance du bleu dans divers domaines : la faïence, les arts graphiques, la joaillerie et surtout la mode, où il occupe une place incontournable.
Au fil des salles, on voit comment, influencée par les porcelaines chinoises ou les teintures exotiques, la France adopte le bleu comme un symbole d’élégance et de modernité. Des robes du XVIIIe siècle aux créations contemporaines, l’exposition met en lumière l’adaptation des tissus et des coupes aux nuances bleues, libérant le corps et influençant les canons esthétiques. Robes de soirée, portraits peints, faïences bleu-blanc et accessoires dialoguent avec des silhouettes couvrant trois siècles de mode.
Ce volet, enrichi depuis fin 2025 par l’arrivée d’œuvres inédites, dédie une section aux tenues du soir, retraçant l’essor du bleu dans la haute couture et les créations méditerranéennes. On y voit émerger des pièces adaptées, des couturiers (Balenciaga, Guy Laroche, Loris Azzaro) et des labels contemporains. Découvrez la riche collection du musée : robes sirène, escarpins, portraits et faïences… enrichie de prêts exceptionnels du Musée Grobet-Labadié, du Musée des Beaux-Arts de Marseille et du Fonds de dotation Maison Mode Méditerranée. Ces pièces contextualisent les témoins du bleu dans le textile, de loisir ou d’élégance, à travers les époques.
Parcours de l’Exposition
Le parcours suit les salles du château :
- Salon d’honneur : Céramique bleu-blanc de Marseille et Moustiers, influencée par les porcelaines chinoises.
- Salon doré : Robes du soir des années 1990, héritières du glamour passé.
- Grand salon : Bleu dans la mode et la peinture du XVIIIe siècle, avec portraits et objets raffinés.
- Chapelle : Créations contemporaines dialoguant avec la spiritualité, entre minimalisme et exubérance.
- Chambre des invités : Bleu dans la mode de 1940 à 2000, avec haute couture et prêt-à-porter
L’exposition met aussi en avant l’évolution du bleu dans le textile (teintures médiévales au denim) et des œuvres contemporaines de Françoise Pétrovitch ou lauréats du Fonds Maison Mode Méditerranée.

Un peu d’histoire de la couleur bleue
À travers sa représentation dans la peinture, les arts décoratifs, la littérature ou le vêtement, l’histoire du bleu témoigne d’une modification progressive des perceptions chromatiques, riche en symboles, enjeux et émotions.
Déconsidérée dans l’Antiquité, où elle était reléguée au rang de teinte secondaire et dévalorisée au sein d’un système chromatique organisé autour de trois couleurs primordiales (le noir, le blanc et le rouge), le bleu était fréquemment associé à la mort ou à des connotations négatives. Dans les civilisations antiques, comme chez les Grecs et les Romains, le bleu n’occupait pas une place centrale ; il était obtenu à partir de minéraux comme le lapis-lazuli ou de plantes comme le pastel, mais sa production limitée et son instabilité en faisaient une rareté peu valorisée dans les tissus ou les œuvres d’art quotidiennes.
Son retour en grâce s’opère au XIIe siècle, principalement à travers les arts et le vêtement. Devenu une couleur de premier plan, le bleu céleste s’impose comme une nouvelle mode, supplantant progressivement le rouge qui dominait jusque-là comme symbole de pouvoir et de vitalité. Ce virage est influencé par des facteurs religieux et culturels, notamment la représentation de la Vierge Marie en bleu dans l’art chrétien, évoquant le ciel divin et la pureté. Omniprésent dans toutes ses nuances, tant à la Cour qu’en ville, le bleu triomphe au siècle des Lumières. Cette ascension est renforcée par le déclin progressif des productions européennes de pastel – une teinture végétale extraite de l’Isatis tinctoria, cultivée notamment en France dans le « Pays de Cocagne » – au profit de l’indigo exotique, importé des Indes et des Amériques. L’indigo, plus stable et intense, révolutionne les techniques de teinture textile, rendant le bleu plus accessible et favorisant son intégration dans la mode quotidienne, des robes de cour aux uniformes militaires.
Avec les romantiques allemands au début du XIXe siècle, le bleu acquiert une dimension poétique profonde, devenant la couleur de l’amour, de la mélancolie et du rêve. Des figures comme Goethe ou Novalis l’associent à l’infini et à l’âme humaine, influençant la littérature et les arts visuels. À la fin du XIXe siècle, l’essor des colorants artificiels – comme le bleu de Prusse inventé au XVIIIe siècle ou les synthétiques développés par l’industrie chimique – remplace les teintures végétales traditionnelles, démocratisant encore plus le bleu dans les textiles. Outre-Atlantique, Oscar Levi Strauss crée en 1853 un vêtement promis à un destin iconique : le blue-jean, un pantalon robuste en denim teinté à l’indigo, initialement destiné aux mineurs et qui devient un symbole universel de la culture populaire. Aujourd’hui, le bleu figure parmi les trois couleurs les plus portées dans le monde occidental, présent dans les garde-robes quotidiennes comme dans la haute couture, où il évoque la modernité, la distinction et une connexion avec la nature – mer, ciel, horizons infinis.
Pour en savoir plus sur l’histoire du bleu dans la mode
Cette épopée chromatique illustre comment le bleu, d’une teinte marginale à une dominante culturelle, a transformé les pratiques artistiques et textiles. Dans le contexte de l’exposition « Infiniment bleu » au Château Borély, cette histoire prend vie à travers des œuvres qui dialoguent entre époques, des faïences bleu-blanc influencées par la Chine aux robes contemporaines des lauréats du Fonds Maison Mode Méditerranée, invitant les visiteurs à explorer les nuances infinies de cette couleur emblématique.
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INFINIMENT BLEU. ARTS DÉCORATIFS, PEINTURE ET MODE AU CHÂTEAU BORÉLY
Jusqu’au 1er mars 2026
Horaires : Du mardi au dimanche de 9 h à 18 h (Durée indicative de la visite : 1 h)
Lieu : Château Borély – 132 avenue Clot-Bey – 13008 Marseille
Tarif : Gratuit. Réservation non obligatoire !
Accès : Métro – Prado ou Sainte-Marguerite Dromel / Bus – Lignes 19, 44, 45 / Vélib’ : Stations à proximité / À vélo : Stationnements devant le musée
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